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Afrique · il y a 23 j

L'Afrique forme ses diplomates pour capter des milliards sur le marché carbone mondial

L'Union africaine et l'ACBF préparent plus de 80 diplomates à négocier une position africaine renforcée sur les marchés carbone, alors que les décisions de la COP29 pourraient débloquer des milliards de dollars pour le continent.

Par la rédaction de GeckoNow
photo : centre de conférence COP29, Bakou
photo : centre de conférence COP29, Bakou · Wikimedia Commons · allAfrica.com

L'Union africaine et la Fondation africaine pour le renforcement des capacités ont lancé une formation stratégique de plus de 80 ambassadeurs et hauts diplomates à Addis-Abeba pour renforcer la position africaine dans les négociations internationales sur les marchés carbone. Cette initiative marque une étape majeure dans la mise en œuvre du Plan d'action africain sur les marchés carbone, adopté par l'Assemblée de l'UA en 2025.

Le calendrier s'avère critique : les décisions prises dans le cadre de l'Article 6 de l'Accord de Paris lors de la COP29 à Bakou devraient considérablement élargir les marchés carbone mondiaux, débloquant potentiellement des milliards de dollars en financement climatique pour les pays en développement africains. Le Commissaire de l'UA Moses Vilakati a insisté sur la nécessité d'une approche continentale coordonnée, soulignant que la gouvernance solide, la transparence et des mécanismes de partage des bénéfices juridiquement contraignants sont essentiels pour garantir des avantages tangibles aux communautés locales plutôt qu'aux seuls investisseurs externes.

Les participants ont exploré les projets africains de crédits carbone, examiné les différences entre marchés de conformité et marchés volontaires, et étudié les modèles réglementaires internationaux, notamment le système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne. Les discussions ont également porté sur la protection des droits communautaires, l'intégrité environnementale et l'orientation des revenus carbone vers l'adaptation climatique et la croissance économique locale.

L'Ambassadeur Laho Bangoura, conseiller spécial auprès de l'ACBF, a déclaré qu'investir dans les capacités humaines reste essentiel pour maximiser les opportunités émergentes dans le financement climatique. Les organisateurs estiment qu'un corps diplomatique mieux équipé permettra aux pays africains de négocier plus efficacement et de parler d'une seule voix, alors que la demande mondiale pour des crédits carbone de haute qualité continue d'augmenter. La formation a reçu le soutien du gouvernement azerbaïdjanais à travers l'Agence de développement international d'Azerbaïdjan.

L'Afrique possède un vaste potentiel de séquestration carbone grâce à ses forêts, zones humides et ressources en énergies renouvelables, mais ne représente actuellement qu'une fraction minime du marché carbone mondial. Les experts estiment qu'avec des cadres réglementaires renforcés, une gouvernance améliorée et des capacités de négociation accrues, les pays africains pourraient attirer des milliards de dollars annuellement en financement climatique tout en progressant vers la protection environnementale, la création d'emplois et le développement durable.

Impact Marchés
Marchés carbone et finance climatiqueTendance haussière
Analyse

L'initiative de l'Union africaine marque un tournant stratégique : après des années où le continent a fourni des crédits carbone à bas prix avec peu de bénéfices locaux, l'approche coordonnée vise à transformer l'Afrique de simple fournisseur en bénéficiaire clé de l'économie carbone mondiale. L'adoption du Plan d'action en 2025 et cette formation diplomatique de haut niveau signalent une volonté politique forte de capter une part équitable des milliards attendus.

Le calendrier s'aligne avec les décisions de la COP29 sur l'Article 6 de l'Accord de Paris, qui devraient élargir considérablement les marchés carbone mondiaux. L'insistance sur la gouvernance, la transparence et les mécanismes juridiquement contraignants suggère que l'Afrique cherche à éviter les pièges du passé, où des intermédiaires externes captaient l'essentiel de la valeur. Le soutien azerbaïdjanais via AIDA indique une reconnaissance internationale croissante du rôle pivot de l'Afrique.

Pour les marchés, cela devrait structurer une demande prévisible et régulée de projets carbone certifiés sur le continent, favorisant les acteurs capables de nouer des partenariats équitables et transparents avec les gouvernements et communautés locales. Les énergies renouvelables africaines bénéficient d'un double levier : électrification et monétisation carbone. À l'inverse, les projets fossiles et les courtiers opaques font face à un environnement réglementaire durci.

Secteurs gagnants

Développeurs de projets carboneLa montée en compétence diplomatique africaine devrait structurer une demande massive de projets certifiés en conservation forestière, énergies renouvelables et gestion durable des terres, créant un marché continental cohérent et régulé.

Valeurs à suivre : Veolia · Engie

Énergies renouvelables africainesL'articulation entre marchés carbone et financement climatique pourrait accélérer le déploiement solaire et éolien sur le continent, les projets générant désormais deux revenus : électricité et crédits carbone certifiés.

Valeurs à suivre : TotalEnergies · Voltalia · Scatec

Certification et conseil ESGLa nécessité de gouvernance solide, de transparence et de mécanismes juridiques contraignants mentionnée par l'UA devrait doper la demande de services de certification, d'audit et de conseil pour structurer des projets conformes aux standards internationaux.

Valeurs à suivre : Bureau Veritas · SGS
Secteurs perdants

Énergies fossiles non compenséesL'expansion des marchés carbone post-COP29 et le renforcement des cadres réglementaires africains pourraient accroître la pression sur les projets fossiles sans mécanismes crédibles de compensation, rendant leur financement plus coûteux.

Valeurs à suivre : Eni · Sasol · Tullow Oil

Intermédiaires opaques du carboneL'accent mis sur la transparence, le consentement préalable libre et éclairé et le partage équitable des bénéfices risque de marginaliser les courtiers en crédits carbone aux pratiques opaques qui captent actuellement une part disproportionnée de la valeur.

Les analyses d’impact sont fournies à titre purement informatif et ne constituent pas des conseils en investissement.

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